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ASSOCIATION AKHIAM
pour le Développement Economique et Social (AADES)

I-Moussem des Fiançailles : Activité Culturelle Unique

C'est la grande fête annuelle de toutes les tribus de la confédération, célébré au mois de septembre, cette manifestation est connue au plan international. C'est un événement social intéressant qui caractérise la région et renseigne sur le mode de vie de cette population et sur ses coutumes.

C’est une fête à dimension religieuse en hommage au Saint Sidi Ahmed Oul Meghni et sociale car c’est une occasion de rencontre pour les différentes tribus avec des gens venant de l'extérieur.

Historique du Moussem d'Imilchil

 Selon le témoignage de certains personnes âgées de la tribu des Aït Hdiddou, qui se compose de deux fractions : Aït Yaazza et Aït Brahim, les jeunes de la tribu ont prix l'habitude d'organiser une fête collective de mariage, à la fin de chaque saison estivale. Les festivités sont grandioses quand la récolte est fructueuse.

Tout visiteurs des tribus avoisinantes est bienvenu, chez les Aït Hdiddou qui lui réserve accueil, gîte et hospitalité.

Les jours de fête sont animés par la fameuse danse d'AHIDOUS, exécutée par les Aït Hdiddou, à laquelle seules les femmes veuves et divorcées prennent part à la place qu'elles choisissent entre les hommes. Pour la tribu des Aït Hdiddou le moussem n'est pas un simple événement, c'est un rassemblement à triple vocation : commerciale sociale et religieuse. Le sens du mot berbère Imilchil, étymologiquement veut dire "Imi n Lkil" en berbère et "Foum EL Kail" en Arabe c'est-à-dire "La porte d'approvisionnement", vu que le lieu du moussem servait autrefois comme marché d'échange de certains produits agricoles et d'artisanat entre les deux versants de l'Atlas.Ce moussem est connu également, chez les Aït Hdiddou et les autres tribus périphériques sous l'appellation "Agdoud n'Oulmaghni" ce qui veut dire "le rassemblement d'Oulmaghni", en référence au saint Marabout, Sidi Ahmed Oulmaghni dont la tombe repose sur la place du Moussem. Certains l'appellent également "Souk Aame" "le marché de l'année" vu que c'est la seule occasion, autrefois, de s'approvisionner une seule fois dans l'année sans jamais avoir recours à d'autres souks

II-MARIAGE DES FILLES CHEZ LES AIT HDIDOU.

L'Acte de Mariage. Après le consentement des futurs époux, les familles procédant aux formalités de mariage, c'est ainsi que les parents du jeune homme demandent la main de la jeune fille désirée par leur fils. L'établissement de l'acte de mariage peut se faire immédiatement, comme il peut être reporté jusqu'à la tenue du moussem.

Le jeune époux ou son tuteur offre une dote symbolique à sa future femme, alors que le père de la fille se charge de l'achat de ses habits durant la 1ère année.

Toute la tribu manifeste sa joie en participant à la cérémonie du mariage, caractérisée par les chants et danses durant les jours de fête. Les invités peuvent se réjouirent de toute sorte de plats de la cuisine des Aït Hdiddou, et particulièrement les différentes sortes de pain que nous décrivions ultérieurement.
 

  La Cérémonie.
Après les labours et après les moissons et des récoltes, la commémoration du Moussem du Saint Marabout Sidi Ahmed Oulmaghni couronne l'année qui s'achève et ouvre l'horizon sur un nouveau cycle que chacun se souhaite meilleur que les précédents. Pour la tribu des Aït Hdiddou le Moussem d'Imilchil n'est pas un simple événement c'est un rassemblement à triple vocation : commerciale, sociale et religieuse.

Sans nous attarder sur les détails, le moussem avec ses divers quartiers est là. Au cours de cette même journée Akhiam veut donner aussi l'occasion d'assister à la cérémonie des Fiançailles avec toutes les traditions que cela suppose. L'ahidous et des traditions ancestrales formeront la trame de cette union.

En effet, l'annonce de la cérémonie est faite par les cinq jeunes sportifs qui jettent les dattes pour les enfants en traversant toutes les rues principales du douar le matin de la cérémonie. Le soir les envoyés du mari les ISNAYEN au nombre de 10 (5 hommes et 5 femmes) se rendent à la maison de la mariée munis d'un trousseau modeste et de cadeaux de mariage entre autre un mouton et une grande galette l'ABADIR que les ISNAYEN découpent sur les lieux de la cérémonie en petits morceaux et distribuent aux assistants du mariage. Ils sont accueillis chaleureusement par les invités de la mariée. Bientôt la grande cérémonie du henné a lieu. Un groupe de femmes entoure la mariée et entame le fameux rituel du henné.

Une femme âgée usant d'un flocon de laine imbibé de henné, fait des marques à la mariée au niveau de quelques articulations en commençant par le côté droit se servant d'un fil de laine en entrelacs, elle relie à la base des doigts des deux mains de la mariée (IZELOUMEN).

Pour la coiffure, les cheveux de la mariée sont peignés et enroulés en forme saillante appelée communément (ABAOUY).

Son visage est alors voilé d'un foulard en soie TASBNIYETE et un collier en ambre LOUBAN est mis autour de son cou. Une couverture simple dite IZAR est agrafée avec des fibules TISOUGHNASSE.

Une fois la mariée chaussée de Babouches "TIKOURBIYINE" et embellie par une maquillage ritualisé la cérémonie du henné prend fin. Vient ensuite l'étape de départ ; Le père où le grand frère de la mariée invite sa fille (sa sœur) à marcher sur le pan de sa cape (BURNOUS dit AZENAR) jusqu'à sa monture : La mule qui la transportera à sa nouvelle demeure portera derrière la mariée un petit garçon pendant qu'une vielle femme suit en tenant la mule par sa queue.

Le cortège accompagnateur protégé par les envoyés du mari doit vaincre la résistance livrée par les habitants du Ksar d'origine de la mariée qui s'opposent énergiquement à son départ.

Arrivé à destination, le cortège fait le tour du Ksar en exhortant les saints locaux d'accorder leur bénédiction à la nouvelle mariée, celle-ci accède enfin au domicile conjugal.

Profil du Saint Marabout des Aït Hdidou

Aucune source populaire ou historique n'a pu préciser ni la date ou l'époque d'arrivée de cette personne dans cette région, ni la vénération dont il a été l'objet par les populations locales.

Cependant, d'après les personnes âgées de la tribu des Aït Hdiddou, Sidi Ahmed Oulmaghni descend d'une famille de la Dynastie Idrisside. Il est venu de Laâyoun dans la région d'Oujda, au Maroc Oriental, et s'est installé au sein de cette tribu.

Pendant les périodes ou sévissait la sécheresse, les bergers sollicitaient sa Baraka qui alimentait leurs troupeaux. La légende raconte que les chameaux et les autres bêtes qui se reposent et passent la nuit à l'actuelle place du moussem s'engraissent du jour au lendemain sans qu'il y ait d'herbe sur place.

La mémoire des Aït Hdiddou garde toujours l'histoire orale de ce saint dont le corps a été retrouvé non décomposé suite à la découverte d'une lumière qui émanait de sa tombe, et des lors les habitants se rassemblaient annuellement autour de sa tombe en signe de reconnaissance à la Baraka de ce grand Saint.


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